SHEPERCREW

Le street art, c'est un mode de vie pour eux. Un art ancré de le réel, engagé au sens propre comme au sens figuré. Depuis 10 ans, cette équipe inscrit ses visions sur les murs et passera, le temps d'une soirée, les partager avec nous.

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LE PETIT MAG DE L'ARBRE N°20

Comment s’est formé votre crew, qui en fait partie ?

Alors ça s'est formé tout naturellement car nous sommes en couple et au début de notre relation aucun de nous deux ne dessinait ou se projetait dans un futur "artistique"... On a commencé à dessiner et à tomber amoureux du graffiti, là on est en 2007, 2008. C'est lors d'un voyage en Allemagne, à Hambourg, de plusieurs mois que nous rencontrons la sphère "street art", le pochoir, le collage, le détournement de mobilier urbain. N'importe quelle mode d'expression peut se retrouver dans la rue. Le life style qui l'accompagne nous a plu aussi. C'est donc là bas, lors d'un projet de rénovation d'un tunnel piéton que nous nous sommes invité à poser notre blaz au mur sauf qu'on en a pas vraiment encore. Dans le contexte de fête, de découverte, on décide de poser Sheper Crew pour notre coté "festif" mais aussi car ce que nous posons est ultra coloré, constitué de plusieurs personnages assez chelous, ça part de là et on pensait que ce ne serait que ponctuel. Finalement c'est les gens qui ont commencé a nous reconnaitre et nous appeler comme ça donc au final on à gardé le Sheper Crew et ça nous plaît plutôt bien. Aujourd'hui nous sommes trois, Alexandra et moi même, Adrien, et Remi viennent de rejoindre le collectif pour nous apporter une aide logistique sur les projets, sur la communication et le développement.

 

Quels sont vos modes d’expression ?

Alors on a commencé par le pochoir et le collage, on s'est aussi pas mal essayé au graff, aujourd'hui nous nous exprimons vraiment par tout les modes possibles... Nous faisons de la scénographie, de la mise en scène, de la sérigraphie, du vjing, de la déco, du graphisme de temps à autre. Donc finalement on peut retrouver un peu tout ça lors de nos expos, de la peinture sur toile à la sculpture ou installation, en retrouvant a chaque  fois un peu de spray, de collage, de "life style" etc. En réalité plus on détourne et utilise de supports différents et plus on s'épanouit artistiquement.

 

Vos styles sont très variés, j’imagine que vos influences le sont tout autant ?

Oui bien sûr en réalité à chaque discipline on a des influences, des inspirations, nous sommes autodidactes dans tout ce que nous faisons et aujourd'hui c'est notre travail, on a donc besoin en permanence de comprendre et d'observer les acteurs forts de ces disciplines, historiques et actuels....

En ce moment il y a une effervescence qui nous attire pas mal en matière de street art, c'est la vibe portugaise avec des artistes comme Vhils et Bordalo 2...

EN RÉALITÉ PLUS ON DÉTOURNE ET UTILISE DE SUPPORTS DIFFÉRENT ET PLUS ON S'ÉPANOUIT ARTISTIQUEMENT

Au delà de la création artistique, vous êtes souvent impliqués dans des actions culturelles et sociales…

Oui complètement, presque au point d'occuper la moitié de notre temps à certains moments de l'année !

On travaille avec des associations implantées dans les quartiers et les zones un peu dures de Nice, on intervient auprès de jeunes collégiens et lycéens mais aussi avec d'autres profils en réinsertion sociale par exemple. Nous avons monté une association, il y a presque 10 ans maintenant, en parallèle du collectif, SURIKATE PROD, avec laquelle nous menons ce type d'action. Nous sommes également très investis dans la culture, nous avons évolué avec des projets comme La Zonmé à Nice ou encore le Volume et Panda Event... Pour nous, il est nécessaire d'apporter de l'aide à des gens qui portent des projets visant à faire grandir la culture. Nous sommes dans une région où la politique culturelle est compliquée, c'est notre manière d'apporter notre pierre à l'édifice. En même temps, sans toutes les rencontres et les personnes qui nous ont laissés nous exprimer nous serions certainement plus là. Pour nous, l'engagement social et culturel c'est finalement le moteur du collectif !

 

Quel projet rêveriez vous réaliser ?

Il y en a tellement... Mais par exemple réaliser une scénographie pour un groupe ou pour un spectacle et partir en tournée autour du monde ça nous branche pas mal ! Nous avons vécu des moments très intenses sur des festivals ou des tournages où tu te bats vraiment contre le temps et les éléments avec une équipe de 10 ou 200 personnes pour que la fête vive. Dans ces moments tu es sur les rotules. C'était tellement bon et finalement c'est vers ça qu'on se dirige. C'est ce genre de projet que nous cherchons à réaliser encore et encore !!

 

Pour vous suivre, vous soutenir, ou voir vos productions ça se passe où ?

Alors on est pas très bon encore pour tout ce qui est de notre communication sur les réseaux, mais nous avons un Facebook et un Tumblr où pas mal de nos projets sont visibles...