TOMHENNI

De retour au bercail le temps d'une soirée,
Tom Henni nous montrera ses derniers travaux sortis de son atelier d'impression

Depuis le collège des Baous comment ça s’est passé pour toi ?

C’est vrai que ça fait longtemps ! J’ai fait des études d’arts appliqués, et puis je suis allé à Lyon, puis aux Arts-Déco de Strasbourg. Après j’ai commencé à travailler à mon compte, j’ai fait quelques jolies commandes et me voilà aujourd’hui prof de dessin et design graphique à l’Esad Valence.

C’est drôle parce qu’au collège j’étais plutôt introverti, et maintenant je passe mon temps au contact de plein de monde.

 

Je me souviens, ta mère était prof d’art plastique et ton père ébéniste, et il me semble que ta sœur est illustratrice aussi, quelle famille d’artiste !

Oui on a tous les deux bien hérité de nos parents. Ma mère est aussi peintre (elle a exposé à la Séguinière, back in the days…) donc on a le côté artisan, le côté artiste, et la transmission qui est aussi centrale pour nous deux. Quand à savoir si c’est culturel ou génétique… sûrement les deux. Bref on n’a aucun mérite.

 

Que penses-tu du statut du graphiste en France ?

Diantre ! Je ne sais pas quoi dire, c’est tellement vaste comme question ! J’ai quand même l’impression que c’est une question de posture…  Pour se centrer sur les indépendants, j’ai l’impression que certains savent inventer de nouveaux métiers, et c’est ceux là qui méritent le plus d’attention. Je pense par exemple à Alaric Garnier, qui mélange son expertise de la lettre, son savoir faire manuel, une pensée de design, ou l’atelier La Casse qui réinvesti des machines du siècle dernier ou des plus récentes… à côté de ça tu prends un collectif comme Formes Vives, ou encore autrement Building Paris, ça n’a juste rien à voir… chacun ont des statuts très différents du fait de leur posture. C’est un peu insaisissable, donc c’est dur à faire rentrer dans des cases.

Bref ça ne doit pas du tout répondre à la question mais il me semble que les statuts d’un designer sont à chaque fois à réinventer. Je crois que c’est quelque chose qui se négocie en permanence.

 

L’ÉCRITURE,
C’EST DE LA VOIX POUR LES YEUX,
ON EST D’ACCORD ?
LES IMAGES…
DES SONS, AVEC PLUS OU MOINS DE SENS.

On peut remarquer une certaine influence de quelques grands artistes dans ton travail, notamment Matisse, Reiser…

Hé hé… Matisse et Reiser, ça me parle.

Matisse je reconnais, mais j’avoue finalement avoir peu creusé, même si je trouve ça formidable. En fait quand c’est trop proche de ma sensibilité, j’essaie de pas trop creuser sinon ça me décourage. Reiser c’est toute mon enfance ! Lui et Quentin Blake, qui a illustré tout les Rohald Dahl m’ont vraiment fait comprendre très jeune que bien dessiner n’est pas forcément faire propre. Je crois que ça a beaucoup participé au côté décomplexé de mes gestes dans le dessin.

 

Peux-tu nous expliquer ton rapport entre la composition, les mots et la typo dans ton travail ?

Et bien… je ne suis pas sûr de bien comprendre… Mais je vais essayer de répondre : ce qui me semble central, c’est le langage. L’écriture, c’est de la voix pour les yeux, on est d’accord ? Les images… des sons, avec plus ou moins de sens. Le dessin, c’est à la fois de l’écriture et de l’image. La typo aussi, d’ailleurs, mais encore autrement.

Il faut composer avec tout ça, et évidement ce qui est intéressant, c’est quand on crée des tensions entre les différents aspects de ce « méta-langage »

 

Quels sont tes activités en ce moment, tes projets ?

Je suis à fond dans la rentrée scolaire et plein de nouveaux projets qui arrivent à l’école. Je profite de cette invitation d’expo pour mettre en route de nouveaux trucs à l’atelier d’impression, notamment en sérigraphie et en Riso. D’ou les images imprimées. Avec ma sœur on est en train de finaliser une commande pour l’ornementation d’une façade de crèche dans la région parisienne, avec les architectes TVK. On s’appelle Henni, et la crèche, Les Galopins. Comme le cheval Henni(t), c’est rigolo.

 

Merci !

Merci pour l’invitation !

LE PETIT MAG DE L'ARBRE N°18

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